Thursday, April 20, 2006

chronique numéro 2

Fête de la LCR, Bar-le-duc , 11 juin 2005

La fête de la Ligue a lieu sur un parking, entre la M.J.C et les barres d'immeubles d'un quartier-dortoir. Un barbecue, des tables + parasol avec des gateaux fait maison, deux frigos bières/jus de fruit. Dans un coin LE truc intéressant : un vieux camion militaire dont le plateau, curieusement surmonté d'un dais destiné à faire parapluie, constitue, en fait, la scène. Il ya une vraie sono avec un beau rack d'ampli de puissance, une grosse mixette Roland, une façade assez grosse et des retours distincts. Deux techniciens font les balances et pestent contre leur boss qui a piqué les câbles pour un autre évènement ce qui les oblige à avoir la console au mauvais endroit. Ils passeront tout l'après-midi à faire la navette entre le bout de parking devant la scène et leur installation pour se rendre compte de l'efficacité des réglages.

Bolchevita joue en premier. Cette situation comporte un avantage : le temps consacré au sound-check est conséquent. Le son est assez puissant, les voix sont distinctes, les instruments audibles, et le plein air évite la plupart des résonnances. C'est agréable. Non seulement Bolchevita sonne correct, mais en plus ils démarrent vite. Nouveauté heureuse : ils commencent par un instrumental puis enchaînent morceau sur morceau avec assurance, aidés par un retour correct. Ils jouent aussi de plus en plus vite. Cette densité du set permet des reprises de repiration au fur et à mesure que le concert avance. C'est leur deuxième concert à 5 et le nouveau guitariste est vachement plus hargneux qu'au premier. Il commence à y avoir du larsen dans Bolchevita et ça ça le fait. Pas les meilleures versions possibles pour certains morceaux, mais un concert dense qui bastonne pas mal la tronche. L'ambiance est détendue et familiale, mais le public très clairsemé, constitué essentiellement du groupe suivant et de sa bande ainsi que de quelques gosses de 8 à 12 ans qui pogotent comme des malades et s'en paieront une bonne tranche tout l'après-midi.
Ensuite un des organisateurs fait un discours expédié en 2 minutes chrono pendant que la matos change en partie pour le groupe suivant. Partizan 77 est un groupe de jeunes aux allures lycéennes. Malgré un bassiste-copain-qui-dépanne pas très à l'aise et un batteur tout frais mais motivé, ils assurent avec conviction un punk rock betteravier bien sympathique. Les méritoires tentatives de changement de rythme hardcore tomberont un peu à plat, mais l'ensemble reste fun et assez énergique.

Le set suivant est celui des Minables qui jouent sur leur propre batterie, ce qui demande un démontage plus important, ainsi que le branchement de micros supplémentaires pour cause d'instruments acoustiques. Le responsable de l'association contre l'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (55) tente de nous appeller à signer sa pétition. Comme il est extrêmement bourré (bière et vin coulent à flot, tout est à 50 cts, voir gratuit pour les membres des groupes), ça tourne un peu court.
La sono passe des disques de rock lourd psyché des 70s : Gun, Hawkwind,..., tandis que les Minables installent. C'est un peu long, mais pas grave, l'ambiance est bonne, extrêment relax. Le sound check est un peu compliqué, puis sa commence, avec des interruption pour problèmes de retour. La sono s'avère limitée pour les rendus acoustiques. Les voix sont audibles, mais l'ensemble est un peu criard, avec des attaques trop percutantes. Je crois que finalement, j'aime pas les Minables. J'adhère pas à leur délire néo-musette. Ils sont carrés, mais trop sûr d'eux et leur énergie est limitée comparée à celle des groupes de rock qui ont précédé. C'est entraînant et pas mal fait, mais je trouve leur trip "parigot" déplacé, artificiel.

Tout le contraire du dernier set de la journée : un collectif de rappeurs : E.S.P (esprit sous pression), Génération 8.6 , Ruro Dako et Amazon. Les instrus sont des boucles répétitives sur Cd-R. Arrivés à la fin du morceau, ils font signe aux techniciens de passer à la plage suivante. C'est total roots et les instrus sont minimalistes, juste ce qu'il faut pour soutenir des flows convaincus, car tous les rappeurs présents sont bons à divers degrés, voire excellents pour certains. Les textes sont sensés et bien écrits, s'inscrivant dans la tradition mais dépassant les clichés. C'est une excellente surprise, très convaincante et authentique.
En résumé, un excellent concert vraiment relax avec un public très cool, qui démontre à quel point la qualité du retour influe sur l'interprétation. Les mecs de LCR de Bar-le-Duc sont ouverts et pas prise de tête pour un caramel (ce qui n'est pas le cas partout ... ). Les bolchevita ont diffusé une 12 d'ex de leur CD en prix libre. dommage que j'ai pas prévu un stock de compil DPP, ça serait surement bien parti aussi.

Quelque jours plus tard j'ai la chance d'assister à une répet du groupe dans la cave où on a enregistré l'album. Rétrospectivement, je suis plutot content du boulot parce que j'avais oublié à quel point c'est un enfer de résonnances à la con. Cette répet à 4 (ancienne formation), va dépoter monstrueusement, carrée et speedée, tt à fait dans la lignée du concert, bien que Zabos soit handicapé par une grosse grippe chopée entretemps. C'est très prometteur. Bolchevita devait jouer le 21 à nouveau avec Partizan 77, gageons que ça a du bien cartonner.